Instagram, un contrat abusif, mais bon.

La réaction d’André Gunthert qui fait suite aux billets de Slate et de Gizmodo nous montre à quel point beaucoup d’entre nous se sont emballés hier, à la suite des modifications de CGU d’Instagram.

En effet, quelle déception quand un défenseur de la valeur de l’image comme moi apprend qu’un service aussi cool qu’instagram (ok je dis de temps en temps l’inverse) veut « vendre » les photos de ses utilisateurs. Mais dès l’effet de surprise dépassé, et avec un minimum de recul, je me suis souvenu d’un mini débat autour d’un changement des CGUs de Facebook sur les photos. Sans incidence réelle.

Quant à imaginer Instagram se transformer en Fotolia, on entrait carrément dans le délir collectif*.

L’objet réel de cette mise à jour est de pouvoir utiliser vos photos pour promouvoir les marques que vous suivez, et les « endosser » (de l’anglais « endorsement »), afin de les promouvoir sur ces deux réseaux ou sur les plugins qu’ils diffusent.

Je me rapproche des journalistes et analystes qui expliquent qu’il faut se calmer et qu’on est loin de voir la photo de votre croque monsieur passée par un filtre faire la quatrième de couverture de GQ et de ELLE.

Cependant, un problème réel se pose quand on lit les modifications des CGUs :

« you hereby grant to Instagram a non-exclusive, fully paid and royalty-free, transferable, sub-licensable, worldwide, limited license to use, modify, delete from, add to, publicly perform, publicly display, reproduce and translate such Content »

En gros : « je fais ce que je veux avec tes photos, et quoi qu’il arrive, t’auras pas un centime« .

Cette approche juridique consiste à faire tout passer en trois lignes, comme ça aucun utilisateur ne pourra jamais poser de problème, car il est obligé d’accepter s’il utilise le service.

D’un point de vue purement juridique, cet amendement au contrat me pose problème. Un contrat est fait pour voir les possibilités dans le pire des cas. Ce type d’entreprise, qui a un rapport de force ultra dominant vis à vis de ses utilisateurs et de ses clients, ne devrait pas passer aux forceps, et être très spécifique dans ses ambitions.

Si demain Instagram ne fonctionne plus et qu’il est revendu à iStockphoto ou Fotolia (courage à celui qui devra trier), d’un point de vue purement technique, nous aurons cédé toutes les licences possibles (pas le droit d’auteur qui est inaliénable en France).

Signer un tel contrat est donc un aberration.

Maintenant, la question que chacun doit se poser en son âme et conscience est : suis-je a une aberration près sur les CGU que j’accepte sur Internet, d’autant plus pour utiliser une appui aussi chouette?

*Kevin Systrom l’a depuis confirmé dans son post : « To be clear: it is not our intention to sell your photos.« 

NB : le Cofondateur d’Instagram, Kevin Systrom, a bien confirmé sur le blog d’instagram qu’il s’agissait d’un aberration, et il a présenté ses excuses. Des modifications vont être apportées aux CGU.

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