Le social reader, des promesses non tenues?

NB: Stefani&Co, que j’ai fondé il y a plus d’un an est éditeur et développeur d’applications Facebook, en particulier de « Social Readers » pour plusieurs médias.

Alors que les médias français se lancent dans la course aux « Social Readers », ces applications Facebook qui permettent de faire exploser l’audience en provenance du méga réseau social (explications ici), les éditeurs d’outre Manche et d’outre Atlantique semblent s’interroger sur une baisse d’activité importante.

En effet, après ces posts de Jeff Bercovici sur Forbes et de John Herrman sur BuzzFeed, un grand nombre de questions sont posées depuis lundi à Facebook et aux développeurs d’applications.

Ces analyses mettent en avant le perte de vitesse, parfois impressionnante, des applications les plus efficaces, en particulier le Washington Post, le Guardian et Daily Motion.

Plutôt que de mettre en avant les articles de manière individuelle (à chaque lecture de l’un de vos amis), Facebook veut désormais proposer les articles qui buzzent le plus, et qui devraient vous intéresser. Une approche beaucoup plus « user centric », ce qui n’est pas un mal.

Par ailleurs, d’autres explications sont également possibles :

  • le lancement d’autres applis de News qui « noient » les rares qui existaient auparavant
  • l’effet nouveauté qui s’estompe
  • l’actualité moins appropriée
  • la désactivation du partage/ou suppression des applis trop intrusives

En parrallèle, Mashable met en avant une accentuation du niveau d’engagement des utilisateurs, même sur les applications dont l’usage est en déclin

Conclusion :

La première version du Social Reader est trop intrusive. Trop de personnes se sont retrouvées à partager des lectures ou des vidéos sans le vouloir. Les utilisateurs n’étaient pas content et Facebook les a écouté.

Comme l’explique Buzzfeed dans un second post, ces modifications par Facebook devraient donner lieu à de nouvelles applications, mieux gérées, moins intrusives et tout aussi efficaces pour le contenu de qualité. (voir la réaction de Robert Scoble : « They should let you decide on an article-by-article basis whether that article is worth sharing with Facebook and everyone. »)

Nous vivons les débuts de la recommandation sociale et surtout du partage d’infos, il est donc important de réfléchir intelligemment à la manière d’optimiser les usages, pour que le lecteur se connecte et se prête au jeu, de façon transparente et indolore.

Le social reader a permis à plusieurs médias de faire exploser le trafic en provenance de Facebook, arrivant même pour certains à battre Google News. La question n’est plus de savoir s’il faut faire où non un Social Reader (cela reviendrait à se poser la question d’être ou non sur Google).

Il faut se demander comment le faire intelligemment, en adéquation avec vos lecteurs et votre stratégie éditoriale.

Écrire un commentaireSoyez courtois.

Votre commentaire