Les drones amazon : l’innovation telle que vous ne l’envisagez même pas.

Jeff Bezos, le patron du géant du e-commerce d’Amazon, promet de faire livrer ses colis en 30 minutes chrono via des drones. Coup de bluff ou révolution à venir ?

« Je sais que cela ressemble à de la science-fiction. Mais ce n’en est pas. » déclare enthousiaste Jeff Bezos à l’annonce de son projet « Amazon Prime Air ». Celui-ci prévoit d’utiliser des mini-drones pour livrer de petits colis chez ses clients en une demi-heure top chrono.


A part le Predator et ses frappes chirurgicales controversées au Pakistan, tout le monde a regardé Henri Seydoux et son AR Drone chez Parrot avec un gentil sourire. Or aujourd’hui, on voit Amazon qui débarque avec l’ambition de nous livrer ses colis de moins de 5 kilos avec des automates volants dans minimum 5 ans.

Un acteur du e-commerce qui se lance dans la livraison à domicile : rien d’inédit. Mais une livraison réalisée par des appareils volants autoguidés, ça semble fou ! Une fois de plus, Jeff Bezos nous montre un chemin en jetant un pavé dans la marre, avec une idée qui semble bien utopique. Alors qu’en fait, cette idée aurait du nous être présentée par DHL, UPS, ou qui sait, Chronopost?

L’innovation en entreprise : il faut oser

Ce à quoi cet épisode me fait penser est que malheureusement pour beaucoup d’entreprises, il n’y a que celles qui sont dirigées par des personnes comme Jeff Bezos qui peuvent proposer ce type d’innovations.

En mars 2012, Amazon a racheté pour 775 millions de dollars Kiva Systems, un fabricant de robots spécialement conçus pour les entrepôts. Un entrepôt robotisé de cette manière permet de traiter deux à trois fois plus de commandes qu’un entrepôt non robotisé et donc diminuer le temps de traitement nécessaire pour une commande. C’est ce type d’acquisitions et d’innovations avec le projet Amazon Prime Air, qui permet au géant du e-commerce de devancer toute la concurrence.

Pourquoi Carrefour ou la Poste n’ont pas eu l’idée en premier ?

Parce que si un employé avait osé faire remonter une idée aussi farfelue, on lui aurait répondu « non mais tu crois vraiment qu’on a que ça à faire?».

D’ailleurs, il n’aurait jamais osé la proposer.

Or l’importance de ces idées est là. Elles permettent en particulier de positionner la firme comme une entreprise innovante, ce qui est important pour son image, mais également pour ses employés qui seront fiers de travailler pour un leader tourné vers l’avenir. Amazon l’a bien compris en orchestrant ce lancement mis en avant par des vidéos aussi sublimes qu’impressionnantes.

La France est-elle prête ?

En regardant ces images impressionnantes d’un drone qui survole New-York, on ne peut que se poser des questions sur la sécurité et la législation qui peut entourer cette technologie. Pourtant, imaginez Paris avec des milliers de drones volant simultanément pour livrer vos colis dans l’heure. Il va donc falloir très prochainement imaginer des autoroutes et des voies autorisées et sécurisées pour ce type d’appareils. La France pourrait être le premier pays à se lancer ?

« La France a raté le virage de la robotique industrielle et loupé dans les années 1990 celui des drones militaires. Aujourd’hui, on est à l’aube d’un nouveau cap : celui des drones civils », souligne aux « Echos » Patrick Fabiani, directeur de département à l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (Onera).

La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a enregistré, fin octobre, 585 drones civils professionnels et 354 opérateurs de ce genre de systèmes en France. Cette Direction a posé dès avril 2012 un cadre réglementaire – le premier au monde, avant même les Etats-Unis – sur les vols de drones civils. Ces derniers ne peuvent dépasser 25 kg (2 kg pour ceux les drones autonomes), ni voler au-dessus de 150 m. Mais « l’insertion des drones dans le trafic civil ne pourra se faire qu’à partir de 2018″, estime Patrick Ky, directeur de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA).

Bien sûr que ce projet est un énorme coup de pub/bluff pour Amazon (juste à temps pour commander des cadeaux de Noël d’ailleurs), mais cela a surtout l’intérêt de faire bouger les choses et aborder quelques problématiques liées à l’innovation. En particulier chez les entreprises et acteurs publics français, qui semblent bien loin de se préoccuper de ces petits appareils.

Le drone est un sujet qui doit être étudié par un grand nombre d’entreprises et de collectivités. Une collectivité peut devenir une ville pionnière en la matière en invessitant dans du matériel et des infrastructurs comme des couleurs aériens ou des pistes d’atterisage. Lille ou Bordeaux pourraient tenter l’expérience et devenir des villes pionnières en matière d’innovation.

La big data, l’impression 3D,  les objets connectés, le wearable tech, le green tech et encore bien d’autres sujets sont encore à étudier pour que les collectivités innovent. Aucun domaine ne doit être éludé, encore plus si la région est en crise.

Les drones ont-ils le Droit de voler ?

Pour autant, si nous nous lançons bien dans le développement de cette technologie, nous devons également anticiper une autre innovation : celle du droit. En effet, qui sera responsable en cas de de chute de drone ou colis sur une personne ? Comment déterminer si un drone a le droit de voler au-dessus d’une zone habitée pour faire sa livraison ? Les personnes réfractaires à cette technologie auront-ils le droit de refuser qu’un drone vole au-dessus de chez eux ?

Il y aura beaucoup de question auquel il faudra trouver une réponse juridique. De plus, les détecteurs de drones deviendront les prochains produits en vogue pour les anti-drones ! Comment gérer les opposants et les pirates de l’air ? De ce côté là, de nouvelles lois s’imposent probablement, si nous voulons anticiper certains problèmes, notamment en ce qui concerne la vie privée ou l’espionnage.

Je suis pour l’utilisation et le développement de technologies innovantes capables de dynamiser nos entreprises. Nous avons besoin d’un monde ouvert vers l’avenir et réfléchir aux innovations qui nous tendent les bras. Même si cette technologie ne voit pas le jour, il faut y réfléchir.

L’impression 3D pourrait beaucoup apporter en la matière lorsqu’elle sera suffisamment développée. Pour Jeff Bezos, l’impression 3D ce n’est pas pour tout de suite : « Je pense que l’impression 3D est très intéressante mais probablement plus intéressante pour du prototypage que pour de la production de masse ».

Mais qui sait, Sculpteo ou Dassault Systems vont peut-être nous surprendre ?!?

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